Carnet de route

Spitzberg - Voyage au bout du blanc

Le 28/01/2006 par

Après la chasse à la baleine, au renard, au phoque, au renne, à l'ours blanc, et la découverte de gisements de charbon à la fin du 19ème siècle, ce sont les explorateurs qui s'emparent de ces terres froides pour les traverser, en faire le tour, rejoindre le pôle, à pied, en ski, en ballon...

Les 2500 personnes qui habitent de façon permanente au Spitzberg doivent affronter un climat polaire "tempéré", fait de vent, de nuit polaire (2 mois et demi), et le soleil de minuit... À noter que le Spitzberg est un désert, avec 200 mm d'eau par an, contre 600 mm à Paris. Le relief est composé d'immenses vallons bordés de plateaux culminant à 1000-1100 m, ponctués d'une multitude de sommets, plus ou moins pentus, qui invitent le skieur qui sommeille en chacun de nous. La meilleure période pour effectuer un raid à ski au Spitzberg est du 15 mars au 15 avril, en se souvenant que l'hiver polaire peut être rude (-46,3°C relevés en mars 86). Nous sommes partis à trois (Franck Rossat, Jérôme Raccurt et Jan Maniak) de Lyon le 23 mars, avec nos trente kilos de bagages par personne, comprenant deux tentes, un fusil, deux réchauds à essence, environ 20 kilos de nourriture, nos skis de randonnée et notre meilleur équipement alpin pour tout ce qui concerne les vêtements. L'atterrissage à 2 heures du matin sur la piste gelée de Longyearbyen, sous un ciel gris et par -15°C marque un changement radical avec le printemps mauriennais.

Après une matinée passée à récupérer les pulkas, le fusil, l'essence pour les réchauds, le pain puis à la visite chez le gouverneur pour donner notre itinéraire et la date de notre retour, nous quittons enfin cette bourgade grise et bruyante, nous habituant tant bien que mal au va et vient de la pulka et à la blancheur du paysage.

À partir de cet instant, et ce pendant onze jours, va se dérouler le même rituel. Marcher pendant des heures en ayant la sensation de ne pas progresser au milieu de vallons interminables, monter les deux tentes le soir (à cause des ours), faire fondre de la neige (20 minutes pour un litre d'eau), manger et se coucher dans un duvet chaud les premiers jours puis humide et glacé la dernière nuit. Plus que le froid et le vent, il nous reste en mémoire la rencontre avec un renne au détour d'un vallon, l'ascension dans une lumière féérique d'un sommet sans nom, la pensée omniprésente de l'ours qui ne peut pas être loin, le bleu du ciel et le soleil qui semble ne jamais disparaître, le coucher du soleil sur la banquise, les ruines d'une concession minière soviétique abandonnée, la chaleur d'un refuge norvégien et le sentiment de n'être que peu de chose au milieu de tout ce blanc. Partez à la découverte du Spitzberg, de la neige et du froid, des rennes et des ours et revenez-en rafraîchi, plus humble, avec des souvenirs qui semblent des rêves.

J. MANIAK







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